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L O G S * T R I U M V I R O
LE JOURNAL INFIRME
Décryptage
de la réalisation de l'album
2003-2006
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L'aventure du journal infirme a démarré pour nous en mai 2003 avec la signature d'un premier contrat d'enregistrement ponctuel avec notre label. Après quelques premiers contacts fructueux, on avait convenu de passer deux jours en studio avec notre réalisateur Ken pour effectuer la préprod de notre futur premier album. Les 27 et 28 mai, nous avons donc mis en boîte 14 titres au studio RDPC pour définir quels morceaux figureraient sur l'album, les arrangements et les remodèlements, les textes à transformer, etc.
Ces deux journées ont été productives et nous ont permis d'échaffauder ce qu'était censé devenir le futur journal infirme. On avait à l'époque l'envie de dérouler l'album sous la forme d'un concept : Une seule et même histoire déclinée au fil des morceaux. mais si la trame était là, il restait beaucoup de boulot pour parvenir à nos fins : 11 des 14 titres étaient retenus pour l'album, mais 8 textes restaient à réécrire.




Préparation
active de l'enregistrement...
Tout l'été et l'automne, le groupe a tourné en concert le répertoire, mis en place de nouveaux morceaux (Derrick taxi et Coma), réécrit les textes qui avaient besoin d'un lifting (Le Chien Andalou, En rêve, Ils n'entendent pas, Avec toi tout va mieux...). En novembre, nous avons répété intensivement le répertoire de l'album dans notre local de Clichy-La-Garenne.
Fin novembre 2003, nous avons revu le label pour signer cette fois un contrat d'artiste et plannifier les séances de prises. Elles ont démarré le 27 décembre pour dix jours de prises. C'est sur cette période qu'on été enregistré la plupart des instrus de l'album. (Intégralité des Basse/Batterie et des guitares rythmiques, plus quelques arrangements).
L'hiver battait son plein et les maux de gorges et psychoses dont Jerem s'est fait une spécialité ont freiné les prises. L'emploi du temps de tout le petit monde de l'équipe nous a poussé à prendre un bon mois de recul avant de reprendre réellement les séances. Le temps de "prendre un peu de recul".







Scènes
de vie au studio RDPC. Fred, Ken, Jerem & Clem
Les séances ont repris timidement à la mi-février par des séances de voix en compagnie de Théo, l'assistant de Ken. Mais le travail était éprouvant. Ces séances, courtes, se faisaient en soirée, souvent après de longues journées, de la fatigue plein les pattes et parfois sans la présence de Clem et Fred. C'était une période curieuse pour nous. L'enregistrement avait débuté depuis deux mois et nous n'avions toujours pas de son à nous mettre sous la dent en rentrant à la maison. Chaque écoute en studio était donc l'occasion de réécouter avec une avidité fièvreuse. Les séances, éparses, éloignées de plusieurs jours voire semaines, se faisaient toujours façon Rock'n'roll. Les prises de voix, qui auraient dues se faire dans la serennité, ont donc plutôt été une source d'angoisse et de stress. Avec recul, c'est certainement un des tournants de la réalisation du disque, où la situation a commencé à s'enliser.
Finalement en avril 2004, les prises de voix étaient quasiment terminées, à raison de séances toujours aussi disséminées. On commençait tout juste à avoir la distance nécessaire pour juger l'écart entre nos envies et le résultat. On était globalement contents du résultat. mais on commençait bouillir d'envie de finaliser le disque pour passer à la suite. Nos cerveaux fourmillaient d'idées pour le mix.
Le printemps a été une période durant laquelle Ken Alix & Théo ont réaliser les premiers pré-mix de l'album car de premiers rendez-vous encourageants chez de gros labels avaient lieu. le temps passait et nous avons pu reprendre les concerts et travailler quelques projets annexes.
Juin et juillet nous ont permis de retourner au studio pour enregistrer quelques arrangements, et surtout pour réaliser un radio edit de "En rêve je suis un autre homme" qui durait à la base près de deux minutes de plus. C'est cette version charcutée qui figure sur l'album définitif. Mais il nous était toujours aussi difficile de trouver des créneaux pour bosser en studio avec ken, alors qu'on ressentait le besoin de faire des recherches sonores pour l'album.
A la mi-août, Ken & Alix ont mis à notre disposition du matériel pour bosser sur les sessions protools de l'album dans notre studio, à la cave de la maison familiale. Pendant deux semaines, on a pu travailler d'arrache pied avec Olivier Rollin, notre ingé son de concerts, pour tester toutes sortes d'arrangements, des voix, des claviers, flutes, clarinettes, guitares, percussions, effets... ça a été une super expérience qui nous a permis de nous approprier le matériau qui fait la réussite d'un album : Les arrangements, malgré notre volonté de conserver un son brut.
Nous avons également réalisé toutes les transitions et le montage de celles-ci selon le concept de l'album. Restait maintenant à mixer.
La rentrée n'a pas vraiment arrangé la rapidité de nos affaires. Malgré la belle avancée de l'épisode homestudio, il devenait impossible de mixer l'album avec Ken. Paul, l'autre associé du label, nous a proposé d'aller mixer le disque du coté de Rennes, au studio du FAUNE. Au niveau business, les beaux contacts d'avant juillet avec les majors du disque donnaient l'impression de s'enliser. On commençait à sentir le roussi au sein du groupe, et la perspective d'aller prendre l'air en bretagne pendant 10 jours nous a paru être une belle opportunité. On a sauté sur l'occasion.




Fragments
de notre travail à la maison. Fred, Clem, Jerem & Olivier.
Un instant évoqué, la perspective de réaliser le mix avec Sergeï, tout droit sorti de son expérience avec Kat onoma et Dernière bande, a fini en queue de poisson lorsque ken a proposé de nous accompagner pour superviser le mix. Sa venue était néanmoins une bonne nouvelle.
Nous avons donc pris la route de Rennes le 07 novembre 2004. Arrivés dans la nuit, nous avons pu découvrir le charme du studio, perdu en rase campagne à 35 bornes de Rennes. Le cadre changeait véritablement du tout au tout par rapport au studio parisien où nous avions fait nos prises. Un vieux corps de ferme, une grande salle commune avec cheminée et coin cuisine, et à l'étage, un studio hi-tech et chaleureux... Et nos chambres... On a rapidement ronflé.
Au matin, on a
fait connaissance avec l'équipe sur place, et notamment avec Laurent
qui allait mixer l'album. Et puis on s'est installés derrière
la console et les heures se sont enchainées sans qu'on comprenne vraiment
comment.
On avait choisi de mixer l'album dans l'ordre du tracklisting. Avec le recul,
c'était une drôle d'idée car en début de mix, il
faut toujours trouver ses repères... Les premiers titres sont donc rarement
les plus réussis. C'est "Sur le zinc" qui devait démarrer
l'album, parce qu'on pensait que c'était le morceau le plus porteur...
Mais avec, le recul, le mix a été moins réussi que d'autre
titres...




Pendant
le mix au studio du faune.
Ken est resté les trois premiers jours puis il a du rentrer à
Paris, mais ces jours ont été l'occasion de trouver la bonne démarche,
et faire mieux connaissance avec Laurent. Le soir, la tête comme des choux
fleur, on s'arrêtait vers 20h30 et on passait à table pour des
grosses bouffes bien sympa. On finissait avec Ken à picoler sous les
étoiles dans de gros pulls en laine.
On a été impressionnés par le boulot de Laurent. Il avait
à la fois une bonne oreille, une excellente maîtrise du matos,
une grande culture rock et une capacité de bosser comme un forcené
très impressionnante. ça a été cool.
Quelques petites anecdotes... En venant à Faune, on avait oublié
d'emporter les sessions protools d'"En rêve je suis un autre homme".
On n'a donc pas pu mixer le titre ensemble. Laurent l'a fait plus tard, après
qu'on lui ait expédié par la poste. On a eu aussi quelques discussions
animées au sein du groupe concernant certaines directions artisitques.
Mais rien de bien méchant.
Fin novembre 2004, le mix était terminé, et on s'est faits une
bonne bouffe à Paris avec le label. Certains contacts avaient repris
avec des gros poissons pour la distribution, et on commençait à
préparer un concert de présentation du disque à Paris fin
janvier pour finaliser nos contrats de distrib.
Après réécoute dans les semaines qui ont suivi le mix,
on a ressenti l'envie d'effectuer quelques corrections sur l'album. Une fois
de plus, cela a engendré tout plein de débats qui ont trainé...
Mais les retouches ont eu lieu comme on l'espérait.
Le 12 mai 2005, Jerem est retourné à Rennes pour superviser le
mastering de l'album, l'inclusion des transitions, etc. L'album était
enfin terminé.
La pression s'est alors densifiée pour avancer sur l'artwork de l'album
et on a organisé une séance photo avec notre pote Benjamin Jérôme
pour mettre en scène le concept dans le livret. De son coté, ETO
avec qui Jerem bossait sur la créa visuelle avançait tranquillement.
Au printemps, la concentration du label était focalisée sur la
recherche d'un partenaire de distribution. Une fois de plus, les contacts avec
nos plus gros interlocuteurs n'avaient rien donné, la crise du disque
n'arrangeant rien... Paul a néanmoins réussi a obtenir des subventions
de l'ADAMI et de la SCPP pour mettre du beurre dans les épinards. Mais
le problème de la sortie restait entier.
Journal Infirme, qui devait sortir en juin 2005, a été reporté
à l'automne, dans l'attente d'accroches plus significatives pour la distrib.
En septembre, AMOC a pressé un album promo du Journal Infirme (pochette
façon single, dominante blanche, logo triumviro gris.
En octobre, nous avons enfin eu plusieurs contacts sérieux pour distribuer
l'album. Paul a choisi de signer avec L'Autre Distribution, un excellent distributeur
indé, qui bosse d'une manière assez traditionnelle. Mais leurs
plannings de sorties étaient chargés. La sortie a été
fixée au 20 février 2006, jour de l'anniversaire de Jerem.
En novembre, L'Autre Distribution est revenu vers Paul en faisant des remarques
sur le tracklisting original (qui démarrait par Sur le zinc et Coma)...
Pour diverses raison, ils ont décidé ensemble de changer l'ordre
des titres de l'album. Jerem était furieux car ce changement remettait
en cause l'ensemble du concept de l'album et qu'il allait falloir réécrire
toutes les transitions, adapter l'histoire et modifier la créa visuelle
en cours.
Le mois de décembre a été très intense et occupé
à la réécriture et à la finalisation du livret et
de la pochette du disque. La version commerciale digipack de Journal Infirme
est partie à l'usine le 27 décembre 2005.
La livraison des disques par l'usine a eue lieu fin janvier et le distributeur
a pu commencer à travailler ses précommandes avec un peu de retard.
La sortie commerciale a donc été décalée d'une semaine,
le 27 février 2006. A cette date, plus de 150 points de vente en France
proposaient Journal Infirme dans leurs bacs, presque trois ans après
la signature du premier contrat.


CRÉDITS PHOTOS : BENJAMIN JÉRÔME AU STUDIO RDPC, CHARLOTTE ATTRY À LA MAISON, YOK AU LOCAL DE CLICHY